Moustik Karismatik : J’ai vaincu la galère…

Quand on parle d’intégration nationale, il en est un bel exemple. Fils de Bandjoun de par son père, il en manie la langue, tout comme le Bulu ou l’Ewondo du Sud natal de sa mère. En Arabe, Français et Anglais, il s’exprime également bien. C’est à son poste de travail, dans une chaine de télévision que nous l’avons rencontré après son émission. Du haut de ses 1m72, c’est sous un parfum convivial, que nous avons rencontré Moustik Karismatik en juillet dernier.

 Humble et permanemment souriant, il est de ceux qui ont très souvent été marqués à vif par des péripéties, même si aujourd’hui il en ri. Double Canal 2’Or, vainqueur de la CAN du rire au Gabon, l’humoriste camerounais est une référence dans son domaine. Sa vie est une philosophie : « je suis une éponge dans une mare d’eau. Une fois dans la marre, elle aspire exactement ce qu’elle a absorbé mais avec une teinte différente.» Une teinte qu’il partage avec joie ce mois, entre les lignes de votre magazine Nyanga.

Sa chevelure ébouriffée, sa barbe qui frise le négligé n’empêchent pas de faire de lui une célébrité du net, de la télé. Derrière cette tête de bouffon, se cache l’histoire d’une passion devenue une profession : l’humour. Faire rire, il aime ça. Si aujourd’hui son talent fait l’objet de consécrations, il faut dire qu’il s’est donné à fond pour sortir des bas-fonds et titiller les «plafonds ». Son pseudo Moustik Karismatik (son personnage) résume en fait cet état d’esprit et exprime une philosophie : « avec ses petits moyens, faire des choses qui ont de la valeur, qui ont de l’impact dans la vie», confie-t-il les mains jointes. Pour avoir de l’impact, cet artiste pluridimensionnel s’est toujours employé à mettre en exergue son savoir-faire. Danseur, rappeur, dessinateur, mannequin, humoriste… en lui brulent mille et une flamme, c’est un artiste dans l’âme.

SACRÉE ENFANCE

Si aujourd’hui Hubert Martial Tagne Tagne, (à l’état civil), arrache des sourires sur des visages, autrefois il a connu des ombrages. Comme tout enfant, il avait des rêves. Être peintre notamment. Seulement, la vie en a décidé autrement. Issu d’un foyer polygame, le fils de Jean Paul (Ingénieur topographe) et Francisca (Institutrice) a vécu une enfance heureuse dans une famille modeste. Dans les ruelles de « Santa Barbara » (son quartier d’enfance à Yaoundé), il a eu droit à sa collection de surnoms. « Spaghetti yoyette », « Cure-dent », « Coton tige »… sa silhouette plutôt frêle lui en a fait voir de toutes les couleurs, de toutes les douleurs comme ce sobriquet « Identité remarquable», pour lui rappeler qu’il avait tout le temps les mêmes habits et les mêmes chaussures. Malgré tout, perspicace, téméraire, il a toujours refoulé la fatalité que pourrait engendrer la précarité. Alors entre petits boulots par-ci, blagues par-là, Marty (diminutif de Martial) pouvait glaner des sous pour joindre les deux bouts....Lire plus


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